Food : un confinement fertile

Marion Bories
05/06/2020

Nouvelles occasions de dégustation, “live” cuisine, tests de recettes inédites, cuisine à 4 mains, vocabulaire culinaire enrichi… alimentation et cuisine ont été au coeur de nos vies confinées en 2020.

Quels sont les usages culinaires qui ont tiré leur épingle du jeu en confinement ? Quelles cibles ont le plus modifié leurs habitudes ? 

Et surtout qu’en restera-t-il dans les prochains mois ? La crise du Covid-19 sera-t-elle un révélateur des usages à venir ? A-t-elle posé les jalons de nos comportements futurs ?

Webedia prend le pouls des envies et priorités des cuisiniers amateurs français pendant et après le confinement, grâce :

  • aux résultats d’un questionnaire quantitatif administré à 1 538 Français confinés (via l’institut Dynata) ;
  • à l’analyse des audiences de 750g pendant le confinement par rapport à l’année précédente ;
  • et à l’expertise en analyse conversationnelle de Sémantiweb qui a étudié les discussions spontanées des internautes à propos du food en confinement.
La recette des boulettes Ikea mise à disposition par la marque pour nous permettre de les faire à la maison

TOUS (ENCORE PLUS) EN CUISINE

55% des Français ont déclaré cuisiner plus que d’habitude pendant le confinement. Ce chiffre monte à 62% chez les 18-34 ans.

Cela a été un plaisir pour la grande majorité d’entre eux : 69% de ceux qui ont cuisiné plus le disent.

Burger King nous propose de refaire ses burgers à la maison.

Logiquement, le besoin d’idées et d’information a été fort, le réflexe marques digitales de cuisine (750g par exemple) a donc été encore plus marqué.

Pendant la période de confinement, recherchez-vous des recettes de cuisine sur internet plus que d’habitude ?” : “oui” pour 39% des répondants, et même “oui” pour 57% de ceux qui ont déclaré avoir plus cuisiné en confinement.

Par ailleurs, “pendant la période de confinement, avez-vous suivi un « live » de cuisine sur Internet (sur les réseaux sociaux, sur YouTube…) ?” : “oui” pour 27% des répondants. Ce chiffre monte logiquement à 34% chez les 18-34 ans mais il est intéressant de noter qu’il s’élève tout de même à 14% chez les 55 ans et plus.

Parmi les autres phénomènes notables, nous avons également plus échangé et partagé autour de la cuisine. Par exemple, 33% des répondants ont cuisiné avec leurs proches plus que d’habitude, 32% ont plus souvent montré le résultat de leurs recettes à leurs proches.

Y A-T-IL EU UNE “CUISINE DE CONFINEMENT” ?

Interrogés sur le type de produits qu’ils avaient plus utilisé en cuisine pendant le confinement, les Français citent en premier lieu les produits bruts et les fruits et légumes (respectivement 79% et 75% de réponses “oui, j’en ai plus utilisé”), en ligne avec ce qui a été constaté par les instituts de panels concernant les achats en magasin pendant la période.

Par ailleurs les produits frais, les produits locaux et les produits de saison ont été plus utilisés par respectivement 77%, 74% et 74% des répondants.

Pareil à Paris, livraison monop c’est 1 semaine de délais, par contre les commercants du quartier ont dû monter un service de livraison y a pas longtemps: C’est plus facile pour nous d’acheter du frais de qualité que d’acheter de la grande surface, d’ailleurs mon fils me fait remarquer qu’on mange mieux depuis qu’on est en confinement.”

Source : Sémantiweb – verbatim internaute

Et en termes de recettes ?

Les recettes sucrées sont nombreuses dans le top 10 des recettes les plus consultées pensant le confinement sur 750g, dénotant une recherche de comfort food, notamment sur les premières semaines :

  • Les Cookies aux pépites de chocolat sont en tête du classement, et on retrouve également dans le top 10 des recettes telles que les Petits sablés, la Tarte aux pommes, le Gâteau renversé à l’ananas, le Riz au lait ou le Tiramisu aux speculoos.
  • A noter que le Pain maison est en 8ème position.

Des recettes sucrées en hausse qui s’expliquent notamment par de nouveaux moments de consommation dans une part non-négligeable de foyers français, comme le goûter ou le petit-déjeuner.

L’apéritif, lui, a été un moment food surinvesti du confinement.

Pendant le confinement : l’utilisation du terme « apéro » a doublé dans les conversations sur les blogs et forums selon Sémantiweb et le hashtag #apéro a fait x2,5 sur Instagram.

Top émojis dans les conversations “apéritif” selon Sémantiweb

La cuisine de confinement des Français s’est par ailleurs caractérisée par un (difficile?) équilibre entre cuisine gourmande et cuisine équilibrée.

Enfin, le confinement a été l’occasion de prendre son temps en cuisine. 81% des répondants déclarent avoir cuisiné plus de recettes faciles que d’habitude pendant le confinement quand “seulement” 64% ont cuisiné plus de recettes rapides : la facilité semble l’avoir emporté sur la rapidité.

Un insight qui n’a pas échappé à Maggi qui nous a proposé ses “recettes trèèèèèèèèèès loooooooooongues”

Autre phénomène à l’oeuvre pendant le confinement dans les cuisines françaises : savoir s’adapter, à l’image du mot d’ordre général de cette période.

Certains Français ont développé un véritable système D du confinement.

D’une part : ils ont dû faire avec ce qu’ils avaient dans leurs placards, mais dont ils ne savaient que faire. Des marques se sont positionnées en réponse à ce besoin d’idées pour assembler ou créer des recettes avec des ingrédients que nous ne savons comment utiliser.

Il s’est agi aussi d’utiliser ce que nous avions (trop) stocké pendant le confinement : ainsi le 2ème article le plus vu pendant le confinement sur 750g a été “10 recettes à faire avec de la levure fraîche de boulanger“.

D’autre part : ils ont dû faire sans ce qu’ils n’avaient pas chez eux (aller faire des courses étant devenu toute une aventure) ou n’arrivaient pas à trouver, faute de stock dans les rayons.

Sans farine de blé, sans oeufs, etc., il a fallu proposer des astuces aux Français. Sur 750g, des articles tels que “7 desserts trop bons que l’on peut préparer sans œufs“, datant pourtant de 2017, ont connu un regain d’intérêt.

Peut-être que ces nouvelles occasions de “faire sans” permettront aux offres alternatives de séduire de nouvelles cibles ?

UN CONFINEMENT SYNONYME DE DéCOUVERTES CULINAIRES ET D’APPRENTISSAGE

Le confinement a été l’occasion de se lancer : 61% des répondants ont testé au moins une nouvelle recette pendant le confinement.

26% ont appris quelque chose en confinement : un nouveau geste, une nouvelle technique, un nouveau mot.

Tous les types de « pâtes » (feuilletée, à pizza, etc.) x15

Par exemple :

“Pâtes” (feuilletée, à pizza, etc.), “Maryse”, “Faire du pain”, “Glaçage”, “Blanchir”, “Pétrir”, “Dégazer”, “Macaronner”, etc.

« J’ai appris à cassé les œufs à une main »

« Faire une pâte à naans »

24% ont utilisé un ingrédient qu’ils n’avaient jamais utilisé auparavant.

Par exemple :

Beaucoup d’épices (gingembre, cumin, curcuma, curry, paprika, muscade, etc.)

De la coco (en lait, huile, noix)

De la levure (fraîche, boulangère), des farines alternatives, de la fécule

De la gélatine et de l’agar-agar

Quelques légumes (blettes, poivron, patate douce) et légumineuses (pois chiche, soja)

Conséquence de tout ça, les Français sont désormais encore plus cordons bleus. 64% des répondants perçoivent une amélioration de leur niveau en cuisine : 18% “oui, tout à fait” et 46% “oui, plutôt”.

 Le temps passé et les différents essais portent déjà leurs fruits.

DEMAIN ? COOKING AS USUAL ?

Le confinement nous aura en partie changés.

En termes de cuisine et d’alimentation, estimez-vous qu’à la fin du confinement… ?” :

  • 6% déclarent qu’ils changeront leurs habitudes profondément ;
  • 70% qu’ils garderont quelques nouvelles habitudes ;
  • 24% qu’ils reprendront leurs anciennes habitudes.

Ceux qui déclarent vouloir changer, même a minima, ne se distinguent pas par un profil socio-démographique donné. Par contre, ils ont un peu plus cuisiné par rapport à l’ensemble des répondants.

Un peu plus d’un quart des répondants est convaincu de continuer à cuisiner plus :

A surveiller également : les nouvelles façons de s’approvisionner pour les Français. Circuits courts, local, vente directe… réussiront-ils à s’inscrire de façon durable dans les habitudes ?

Des éléments qu’il faudra bien sûr nuancer et suivre dans le temps, tant l’envie de se retrouver au restaurant se fait sentir à l’occasion du déconfinement !

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